En voici donc quelques-uns :
« La décompression : l’histoire n’offre pas d’exemple d’un combat titanesque qui ne fut opportunément désamorcé et transformé en conflit d’opérette. »
« Dans le miroir des maîtres du présent se reflètent déjà les maîtres du futur. »
« Comme l’écrivait Heine : “Le Tyran meurt en souriant, car il sait qu’après sa mort, la tyrannie changera seulement de mains, et que l’esclavage est sans fin.” »
« Dès que le meneur de jeu se mue en dirigeant, le principe hiérarchique sauve sa peau, la Révolution s’assied pour présider au massacre des révolutionnaires. »
« Le projet insurrectionnel n’appartient qu’aux masses, le meneur le renforce, le chef le trahit. »
« Il n’est personne qui ne soit, un moment de la journée, interpellé par une affiche, une information, un stéréotype, sommé de prendre parti sur les détails préfabriqués qui obturent patiemment toutes les sources de la créativité quotidienne. Dans les mains du pouvoir, ce fétiche glacé, les miettes d’antagonismes forment un anneau magnétique chargé de dérégler les boussoles individuelles, d’abstraire chacun de soi et de dévier les lignes de force. »
« La décompression n’est en somme que la manipulation des antagonismes par le pouvoir. Le conflit de deux termes prend son sens dans l’intervention d’un troisième. S’il n’existe que deux pôles, l’un et l’autre s’annulent car chacun emprunte sa valeur à l’autre. Impossible de juger, on entre dans le règne de la tolérance et de la relativité cher à la bourgeoisie. »
« De sorte que le mouvement de décompression semble avoir une fonction essentielle d’entraver la volonté la plus irréductible de l’homme, la volonté d’être soi sans partage. »
« Dans tous les conflits qui poussent un camp contre un autre, une part irrépressible de revendications individuelles entre en jeu, imposant souvent ses exigences menaçantes. À tel point qu’on est fondé à parler de la troisième force. La troisième force serait à la perspective individuelle ce que la force de décompression est à la perspective du pouvoir. »
« La troisième force amorce non le dépérissement des contraires, mais leur dépassement. Écrasée prématurément ou récupérée, elle devient, par un mouvement inverse, force de décompression. »