Les deux œuvres se rapprochent par le primat du geste de la main. Dans Le Fils prodigue, les mains du père ne racontent pas une action en cours : elles sont déjà le pardon, comme présence déposée. Dans La Fiancée juive, la main posée sur la poitrine et l’autre sur le ventre ne décrivent pas un épisode narratif ; elles donnent à sentir une qualité de présence, une vérité d’union, presque une certitude silencieuse. Dans les deux tableaux, la main n’est pas un détail expressif parmi d’autres : elle est le lieu où le temps se recueille.
Les deux œuvres rendent sensible quelque chose de très proche du point-instant au sens de Klein : un événement qui n’a pas besoin de se développer pour être pleinement là. Dans Le Fils prodigue, cet événement est le pardon. Dans La Fiancée juive, c’est l’attachement, la reconnaissance mutuelle, l’être-l’un-à-l’autre. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un avant qui conduirait à un après, mais d’un accomplissement sans progression.


