Exposition Jean Rougé
A la recherche du point-instantdu 16 mai au 29 août 2026
Installé dans l’Orne depuis 2010, Jean Rougé vit et peint au plus près d’une nature qu’il décritcomme abondante et généreuse. Sa peintureprocède d’un émerveillement : elle célèbre les forêts, les eaux, les souffles, les apparitions féminines, les oiseaux, les forces cosmiques et les métamorphoses du vivant. Ses compositions ne relèvent ni du récit illustratif ni de l’abstraction pure; elles maintiennent, dans un équilibre rare, la figure et l’élan, le visible et l’intuition, la sensation et le songe.
L’exposition met en lumière une peinture du passage et de l’intensité, où les personnages émergent d’un monde de couleurs mouvantes, de courbes, de poussées lumineuses et de respirations profondes. Elle témoigne de la quête de Jean Rougé pour saisir ces instants qui adviennent hors du temps et dont ses œuvres sont l’expression. Elle illustre et prolonge les réflexions menées en 2026 dans les cafés philo Convergences autour de la question du temps, à partir du texte de Pierre Michel Klein [La mort du monde. De l’espace-temps au point-instant. Éditions de l’Eclat, 2026].
Pierre Michel Klein ne traite pas directement de l’art comme champ autonome, mais sa pensée de l’instant et de l’événement offre un cadre particulièrement fécond pour approcher l’expérience artistique.
Aussi, à l’inverse de telle ou telle expérience physique qui cherche son interprétation et de telle ou telle théorie physique, qui attend son expérimentation, notre métaphysique, s’apparenterait plutôt à une physique, sans queue ni tête, ni empirique, ni théorique, et qui, pourtant, se posant en un langage propre, et suivant une méthode singulière, relèverait à sa manière le défi de coller au plus près de l’énigme du monde.
Ressources
Activités autour de l’exposition
- Cafés philo chaque samedi sur le thème du point-instant.
- Echanges animés par Jean Rougé autour d’œuvres magistrales rendant sensible la présence du point-instant, en préalable à une visite commentée de l’exposition.
- Albrecht Dürer, Melencolia I, le samedi 30 mai à 15h
- Le Tintoret, Suzanne et les vieillards, le samedi 20 juin à 15h
- Rembrandt, Le retour du fils prodigue et La fiancée juive, le samedi 25 juillet à 15h
- Johannes Vermeer, La jeune fille à la perle, le samedi 22 août à 15h
“Instant de bascule, moment suspendu où le temps disparaît dans l’intensité de l’appel, absorption brutale loin de tout calcul, de toute réflexion, de toute intelligence.
Devenu formes, couleurs, enchevêtrements, englouti dans la nécessité de faire, de dire l’harmonie, l’équilibre de forces contraires où surgit l’imprévu, advient l’inexplicable accord où chaque élément justifie sa présence.
Alors que cesse ce temps d’absence, naît l’enchantement de savoir qu’au fond de moi, à jamais présents, irrévocables, il y a ces instants riches et forts d’une impérative urgence, où rien d’autre ne doit exister. Les vivre est un vrai bonheur qui éclaire et efface bien des semaines laborieuses, tâtonnantes et pugnaces, quand les éléments ne se rencontraient pas.”
Jean Rougé







